Cabo Verde – Funanás et Coladeiras

phono mundial o mundo a bu kaba

Bonne année à tous !

Après quelques dates à Paris, Toulouse et Marseille, nous voici de retour avec un mix d’une heure de disques cap-verdiens, numérisés à la maison et mixés par mon ami Comodo, grand collectionneur de disques de l’archipel : Funaná, Coladeira, Cumbia, Tabanka, Morna

Ici, nous nous sommes concentrés sur les productions de la fin des années 70 et du début 80, quand les synthétiseurs envahissent un son empreint de musique antillaise type Cadence (l’ancêtre du Zouk), de Cumbia colombienne, mais aussi bien entendu de différents styles lusophones communs au Portugal, à l’Angola, la Guinée Bissau, le Mozambique et São Tomé & Principe. En raison de l’indépendance tardive des pays colonisés par le Portugal (1975) et probablement d’une volonté de contrôle du pouvoir central, de nombreux groupes de l’archipel enregistrèrent en Hollande, France et Portugal avant cette date. On peut donc presque associer la musique de ce mix au début de l’indépendance cap-verdienne.

Phono Mundial & Comodo – Cabo Verde Funanás et Coladeiras

Au cours des années 60 et 70, la musique cap-verdienne vit sa révolution. Dans les bals de Mindelo ou Praîa la Coladeira est jouée avec des instruments modernes et mêlée aux reprises de standards occidentaux. La musique commence à s’exporter à l’étranger, et ses meilleurs ambassadeurs sont le groupe Voz de Cabo Verde formé de Luis Morais, Morgadinho, Djosinha, Jean Da Lomba, Frank Cavaquinho et Chico Serra. A partir de 1965, ils enregistrent disque sur disque et jouent comme résidents au club La Bonanza de Rotterdam. Ils contribuent ainsi à électrifier la scène cap-verdienne jusqu’en 1970, date de leur première séparation. Bien plus tard, Cesaria Evora leur fera enregistrer un Cd sur son label Lusafrica, un peu sur le modèle de Buena Vista Social Club, Orchestra Baobab, Bembeya Jazz National et d’autres orchestres nationaux qui jouaient régulièrement derrière des chanteurs internationaux.

Au moment de l’indépendance, ce mouvement d’électrisation va se généraliser et s’étendre au Funaná, né au début du 20e siècle sur l’île de Santiago. Cette musique rurale, qualifiée de sauvage par le colon portugais, était alors officiellement interdite mais reviendra sous l’impulsion d’un mouvement de retour aux sources. Jouée pour les mariages et les fêtes, elle se pratiquait à l’accordéon, accompagné du ferrinho, bout de fer gratté remplaçant le tambour interdit. Les orgues et synthétiseurs vont remplacer l’accordéon ; la guitare électrique et les cuivres y sont omniprésents ; la batterie et les percussions y font leur apparition. Le meilleur représentant en sera le groupe Bulimundo.

Crée en 1975 par Katchas, le groupe reprend alors des chansons de musiciens traditionnels comme Koné di Dona, mais propose aussi des compositions aux textes critiques sur la société, le pouvoir en place, ou l’évolution du monde en pleine guerre froide comme dans O Mundo Ka Bu Kaba.

De même, le Cabo Verde Show, créé en 1976 à Paris par Manu Lima, va populariser le Funaná et la Coladeira en Occident et dans les îles. Il est le précurseur de la vague cap-verdienne en France, à l’image de groupes comme Tam Tam 2000 et Sun of Cap.

———- English version ———-

Happy new year to everyone !

After a few gigs in Paris, Toulouse and Marseille, we’re back with a one hour mix of cape verdian records, numerised at home and mixed by my friend Comodo, huge collector of records from the  archipelago : FunanáColadeira, CumbiaTabankaMorna …

Here, we concentrated ourselves on late 70′s – beginning of the 80′s productions, when synthetizers invade a local sound, impregnated of West Indies Cadence (Zouk ancester), colombian Cumbia, but of course of many portuguese-speaking styles common to Portugal, Angola, Guinea Bissao, Mozambique and São Tomé & Principe. Many of these bands recorded in Holland, France and Portugal, due to exile before national independence (1975), and probably a wish to control music in Lisboa. Therefore, the music here can easily be associated to cape verdian independence.

During the 60′s and 70′s era, cape verdian music is living a cultural revolution. In MindeloPraîa bals Coladeira music is played with modern instruments and mixed with occidental covers. Music start to be sold abroad, and their best ambassadors are the band Voz de Cabo Verde formed by Luis Morais, Morgadinho, Djosinha, Jean Da Lomba, Frank Cavaquinho and Chico Serra. Beginning in 1965, they record many albums and take a residence in Rotterdam’s club La Bonanza, getting international recognition. They strongly contribute to electrify cape verdian scene until 1970, when they first split-up. Many years after, Cesaria Evora will produce a new cd on Lusafrica, on the model of Buena Vista Social Club, or national orchestras & backing bands for international stars like Orchestra BaobabBembeya Jazz National and others.

At the independence time, Funaná music, born at the beginning of the 20th century on Santiago island, will also start to be electrified. This rural kind of music was qualified as primitive by portuguese and officially forbidden under the colonisation, but will profit of a back-to-the-roots movement. It used to be played during bals and weddings, with accordion and ferrinho, a piece of metal which replaced the forbidden percussion. Then you would have organs and synthetizers, electric guitars and brass, drums and percussions. Best exemple is the band Bulimundo.

Formed in 1975 by Katchas, this band covered back then traditional musicians like Koné di Dona, but will progressively add compositions with critical lyrics about society, government, or the world’s evolution during the cold war, as in O Mundo Ka Bu Kaba (check the picture).

Cabo Verde Show, created in Paris in 1976 by Manu Lima, will also spread Funaná and Coladeira in occident and in the islands. It’s one of the pioneers of cape verdian music in France, as Tam Tam 2000 and Sun of Cap.

 

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4 réponses à Cabo Verde – Funanás et Coladeiras

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  3. Dj fitz dit :

    Hello there, Great Jams on your mix. I ahve been collecting Cabo Verde Jams for many years. Here is a mix I made last summer of similar Vibes.

    Peace
    DJ Fitz!!!

  4. Ping : Fidjus di Badjo by Comodo – 70’s & 80’s Cabo Verde | Phono Mundial Blog

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