Bo Na Né avec Ryco Jazz !

Léopards et Ryco JazzAujourd’hui, je vous parle du Ryco Jazz, un groupe aussi important que mal connu, qui tient pourtant une place intéressante  dans la musique africaine et caribéenne entre 1958 et 1972. Ce sont nos voeux de Bo Na Né 2013, avec ce titre Afro-Latin qui contient une belle partie d’Orgue.  

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Ryco Jazz – Bo Na Né

Le Ry-Co Jazz s’est formé en République du Congo, avec des musiciens des deux Congos, –Brazza et –Kinshasa. Ces deux pays ont beaucoup donné dans le genre de la Rumba Congolaise (ou Zaïroise), à la base cubain, dont les disques avaient percé au coeur de l’Afrique. Une grande partie de l’Afrique noire a été bercée par ces rythmes ou plus tard par le Soukous qui en dérive. Deux chansons annonceront l’indépendance en 1960 (en plusieurs dialectes) : Table Ronde, et Indépendance Cha Cha, par Grand Kalle et African Jazz

Le Ry-Co Jazz (pour « rythmes congolais ») débute sous l’aile d’Henri Bowane en 1958, musicien de l’OK Jazz, puis manager de Franco, incontournable de la musique congolaise. Il est d’abord formé de Freddy N’Kounkou, M’bilia Casino, Pierre N’DingaPanda Gracia, Fidel Batekepuis Jerry Malekani. Le groupe tourne déjà au Centrafrique, puis au Cameroun, mais devenu un orchestre, splitte en 1960. Reste un noyau dur constitué par Freddy, qui deviendra Freddy Mars, Jerry qui deviendra Bécaud, M’bilia Casino et Panda Gracia.

De 1960 à 1964, ceux-ci vont au Nigéria puis un peu partout en Afrique de l’Ouest (Ghana, Côte d’Ivoire, Liberia, Guinée Conakry, Sierra Leone, Gambie), propageant le son moderne du Congo et les guitares électriques avec show scénique à l’appui. Ils rencontrent E.T. Mensah, le roi du Highlifeauteur de Ghana Freedom en 1957. A Dakar, où ils s’installent, ils enregistrent dans le studio de radio d’un français, qui les distribue via les disques Vogue à Paris.  Ils enregistrent ce Lp et plusieurs 45 tours. 

Le Ry-Co Jazz vogue

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Ryco Jazz – Bonne Année

Ryco Jazz – Kumbélé

La plupart de ces titres, même s’ils sonnent résolument congolais, sont intitulés Cha-Cha-ChaMerengue, ou Charanga, probablement afin de percer le marché français de la musique exotique. En 1962, le groupe insère trois Twists (dont l’amusant Docteur) aux côtés d’une Rumba. Le saxophoniste ivoirien Maurice Isyaka joue parfois sur ces sessions. Puis Gracia quitte le navire. En 1964 les trois musiciens restant enregistrent à Paris, tout en continuant de tourner en Afrique, et rencontrent Jean Serge Essous de l’OK Jazz et des Bantous de la Capitale.

Le Ryco Jazz quitte ensuite la France pour les Antilles de 1967 à 1972, signant de nombreux disques sur Parade et Debs, ainsi que d’autres projets sous différents noms.  

Ambiance Tec TecIls sont invités à jouer aux carnavals de 68 et 70 à Fort-de-France, et obtiennent une résidence dans un bar tenu par un congolais, le Bantou, puis dans un hôtel pour touristes. Ils marquent profondément le public antillais, à un moment où la musique haïtienne domine la scène avec le Compas. Cet apport africain à la Biguine sera nommé « Cadence Rampa » sur un premier 45 du Ryco Creole Experience (pour lequel ils aprennent la langue) mais sera plus tard connu sous le nom de Tumbélé.

Ryco Jazz – Tumbia Dia n’Lele

Le style Cadence ou Tumbélé sera repris à son tour par les antillais et dit-on influencera le Zouk. Une Cadence assez proche du Compas, puis le Zouk dans les années 80 domineront ensuite la musique des Antilles au détriment de la Biguine traditionnelle, née au XIXe siècle.

Au trio Freddy Mars, Jerry Malekani et JS Essous, s’est rajouté Chico Gelman aux claviers dans une formation à géométrie variable, tandis que M’Bilia Casino semble être parti de son côté. Le chanteur JS Essous, qui venait de l’OK Jazz et des Bantous, écrit des succès.

Le groupe tournera dans les Caraïbes (Puerto Rico, Grenade, les Barbades, Guyane et Vénézuela) avant de repartir en France, sauf Freddy Mars qui reste et chante avec Guadafrica Combo. Ils font une ultime tournée avec Manu Dibango en Algérie et la formation se sépare : Jerry rejoint l’orchestre de Dibango pour vingt ans tandis que JS Essous retrouve finalement les Bantous de la Capitale au Congo et influence des chanteurs d’une nouvelle génération de la Rumba, le Soukous.

La plupart de ces informations viennent des notes de pochette d’une anthologie CD de la première période du Ryco-Jazz, Rumba Round Africa, écrites par Gary Stewart.

———- English version ———-

Today, I’m talking about the Ryco-Jazz, a band as interesting as little known, though it holded an important place in both african and caribbean scene between 1958 and 1972. These are our wishes of Bo Na Né (« bonne année ») Happy New Year 2013, with this afro-latin track, which countains a nice organ solo.

Listen to Bo Na Né from the Leopards/Ryco-Jazz split Lp, Festival Musical à Paris. 

Ry-Co Jazz  formed in Congo Republic, with musicians from the two Congos, –Brazza et –Kinshasa. These countries gave a lot to the genre of Congolese Rumba, originally from Cuba, whose records went into the heart of Africa very soon. A huge part of Africa rocked on these rhythms and later on Soukous which derives from it. Two tracks will announce Independance in 1960 (in three dialects) : Table Ronde (« round table »), et Indépendance Cha Cha, by Grand Kalle & African Jazz.

Ry-Co Jazz (for « Congolese Rhythms ») starts in 1958 under the impulsion of Henri Bowane, OK Jazz musician and then manager of big star Franco from the same band. Its first crew was : Freddy N’Kounkou, M’bilia Casino, Pierre N’Dinga, Panda Gracia, Fidel Bateke, then Jerry Malekani. The band already tours in Centrafrica Republic, then in Cameroun, becomes an orchestra and eventually splits in 1960. Stays a core composed of Freddy (later known as Freddy Mars), Jerry (later known as Bécaud), M’bilia Casino and Panda Gracia.

From 1960 to 1964, the 4-piece band will tour all over West-Africa (Nigeria, Ghana, Ivory Coast, Liberia, Guinea, Sierra Leone and Gambia), where their modern guitar-driven Congolese sound is warmly welcomed. In Ghana they will meet ET Mensah, King of Highlife, author of Ghana Freedom in 1957. In Dakar, where they settle for a while, they record sessions in a radio studio held by a french man, who will distribute them in France through the Vogue Records. They record this Lp and many 7″.

Listen to Bonne Année, first version, and then Kumbélé, from the eponym Lp. 

Most of the titles, even if they sound strongly congolese, are named « Cha-Cha-Cha« , « Merengue » or « Charanga« , most likely to enter the french exotic market. In 1962, they will put out three Twists (including the funny Docteur) besides a Rumba. Ivorian saxophonist Maurice Isyaka sometimes plays on these sessions. Then Gracia leaves. In 1964, the three remaining musicians live in Paris, tour in Africa, and meet Jean Serge Essous from OK Jazz and  Bantous de la Capitale

Then Ryco-Jazz leave France for the french Antilles from 1967 to 1972, signing lots of records for Parade and Debs, as well as other projects under other names. 

They are invited to play at the 1968 and 1970 carnavals in Fort-de-France and get a contract with a congolese held bar, the Bantou, and then with a tourists hotel. They leave a strong mark on antillese audience, at a point when haïtian music leads the way with Compas. This african input into Biguine will be named « Cadence Rampa », on a first 7″ by the Ryco Creole Experience (for which they learn to speak creole) but will be much known as Tumbélé

Listen to Tumbia Dia n’Lele from the Tec-Tec Lp.

Cadence or Tumbélé style will be highly covered by Antillais in Guadeloupe and Martinique, and maybe influenced Zouk music by its african heritage. Later on, a Cadence style, quite close to Compas, will overwhelm the French West Indies music spectrum, then Zouk in the 80’s – at the cost of old-fashioned Biguine, born in 19th Century.

To the trio Freddy Mars, Jerry Makelani and JS Essous added Chico Gelman on keyboards, in a variable formation, when M’Bilia Casino seems to be recording on different recordings. Singer JS Essous from Ok Jazz and Bantous writes many successes.

The band will tour in The Caribbean (Puerto Rico, Granada, Barbados, Guyana and Venezuela) before to leave for France again, except fro Freddy Mars who stays on and records with Guadafrica Combo. They do an ultimate tour in Algeria with Manu Dibango and split : Jerry goes with Dibango for 20 years and Essous eventually goes back into the Bantous in Congo and influences a new generation of Rumba music, Soukous singers.

Most of these informations come from the liner notes of a CD anthology of the first period of Ryco-Jazz, Rumba from Africa, written by Gary Stewart.

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2 commentaires pour Bo Na Né avec Ryco Jazz !

  1. Pierre Kahane dit :

    Bravo Lucky LoÏc !
    J’espère que les visiteurs de >Jammagica< passeront voir ton beaublogue **** hay que viva lo phenomenal PHONOMUNDIAL !

  2. Phono Mundial dit :

    Renaud Beliah dit : « Après avoir lu avec attention, je voulais juste te dire qu’à mon sens la Cadence Rempa a été créée par Weber Sicot en Haïti, comme Rempart (rempa) au compas Direct de Nemours Jn Baptiste. le genre Tumbélé serait plutôt issu à la fois de la buguine, des genres latins venus en particulier de Cuba, de l’apport du Ry-Co Jazz (merengue/rumba principalement) et de ces deux rythmes prépondérant en Haïti dans les 60’s. »

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